LA THÉORIE

Médiation par l'animal

Observer le monde vivant revient à s’observer en mettant l’accent sur deux aspects fondamentaux : la diversité dans l’unité et l’unité dans la diversité. Dans ces rencontres avec l’animal, c’est être, sans le rechercher, dans une démarche de connaissance de soi. Elle permet de s’ouvrir à la connaissance des autres espèces et d’y déceler leurs similitudes et leurs différences afin de mieux identifier leurs racines communes.

Différentes recherches s’accordent à dire que la présence animale, le lien et le travail relationnel avec celui-ci, facilitent le contact, la relation d’aide et la relation thérapeutique. 

Elle est d’autant plus puissante auprès de populations fragilisées souffrant de divers troubles, aussi bien physiques que cognitifs, psychologiques ou sociaux. Elle engendre des réactions positives et une volonté de partages spontanés.

C’est grâce à ses mouvements et ses réactions que l’animal peut être appréhendé et perçu par l’ensemble des sens.

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 Les émotions qui en découlent vont stimuler l’expression, l’échange par des gestes, des regards, des réactions et des mots. Ainsi, de par ses caractéristiques non-jugeantes, l’animal libère.

L’animal devient médiateur au sein d’une relation triangulaire liant le participant, l’animal et l’intervenant.

Les activités assistées par l’animal (A.A.A. ) : sont des activités d’animations récréatives associant un ou plusieurs animaux de la même espèce ou d’espèces différentes. Il n’y a pas d’objectifs individualisés spécifiques au participant, mais un objectif commun et collectif qui est de se divertir dans cette relation à l’animal. C’est une méthode d’intervention préventive et ludique où l’animal est le centre d’intérêt de l’activité, dont le but est essentiellement d’améliorer la qualité de vie des personnes ciblées en augmentant leur motivation à participer à des activités. Les séances peuvent être régulières, occasionnelles ou ponctuelles.

Les activités thérapeutiques assistées par l’animal (T.A.A. ou zoothérapie). Les objectifs individualisés sont fixés en collaborationétroite avec l’équipe encadrante. L’animal, devient un médiateur entre le professionnel et le participant. Il est considéré comme un «collègue» thérapeutique. Les séances sont régulières, minimum 1 fois tous les 15 jours, idéalement 1 fois par semaine. Lors de la première séance, les participants font la connaissance des animaux et entrent en interaction avec eux à travers des petits exercices. Au fur et à mesure des séances, les exercices se complexifient et ils conduisent les participants à être de plus en plus actifs. Une évaluation avant le début du programme et a l’issue de chaque séance est faite afin de pouvoir réajuster les interventions ou les objectifs. 

Par la stimulation des sens, il s’agit d’éveilller des réactions pour solliciter, maintenir, ou améliorer les potentiels cognitif, moteur, psychosocial et affectif du participant, tout en lui apportant bien-être, envie et plaisir.

Cette rencontre touche le participant dans toutes ses dimensions :

  • sensoriel : toucher, audition, olfaction, vision ;
  • émotionnel : gestion des émotions, apaisement de l’anxiété, … ;
  • relationnel : communication faciale, verbale, vocale, gestuelle ou posturale… ;
  • cognitif : mémoire à court et long terme, les fonctions attentionnelles (alerte, orientation, l’attention exécutive)… ;
  • moteur :  motricité fine et globale, locomotion…
  • personnel : confiance en soi, estime de soi, autonomie, sentiment d’utilité, bien-être, …

Enfant ou adolescent :

  • sans besoin spécial apparent ;
  • en situation de handicap mental, moteur, sensoriel et/ou psychique ;
  • en situation de fragilité ou de dépendance ;
  • en difficulté d’apprentissage.

L’animal médiateur,  soigneusement sélectionné et préparé aux séances de médiation, est par ses caractéristiques non jugeantes et naturellement bienveillantes :

  • source d’apaisement psychologique et physiologique (rythme cardiaque) ;
  • catalyseur dans la relation et les échanges interpersonnels qui sont interactifs, spontanés, gratifiants et intimes, grâce à ses capacités de réciprocité et d’affection ;
  • offre une communication multi-sensorielle qui permet à chacun d’entrer en relation avec ses propres moyens ;
  • suscite des émotions, des réactions, des interrogations qui vont faciliter les échanges ;
  • stimule différentes capacités: attention, mémoire, concentration;
  • donne l’envie et la capacité de reproduire et d’imiter de façon organisée, ciblée et intentionnelle des gestes ;
  • favorise la communication des ressentis du participant qui s’identifie à l’animal ;
  • crée de nouvelles réalités où les déficits du participant ne sont plus des obstacles.

L’intervenant joue un rôle d’accompagnateur et de facilitateur en animant ces activités centrées sur la découverte de soi, la construction des savoir-être, des savoir-faire et des connaissances. L’accent est mis sur l’expérience directe et non sur la simple accumulation d’informations. Au contact de l’animal, le participant peut s’exprimer en toute confiance, dans toute son individualité et dans le respect et la liberté des autres.

Professionnel formé à la médiation par l’animal qui :

  • ne pose aucun diagnostic, mais fixe, en collaboration avec les parents et les professionnels, des objectifs clairement définis ;
  • respecte le secret de toute information obtenue dans l’exercice de sa profession ;
  • respecte le rythme émotionnel, mental et physique du participant ;
  • veille à la sécurité et au bien-être physique et émotionnel de l’animal partenaire ;
  • s’assure que les mesures d’hygiène appropriées sont appliquées ;
  • veille au respect du bien-être animal.

Il n’y a pas de séance type. Les objectifs de chaque séance sont définis avec un référent en s’adaptant à l’état émotionnel du participant. Il n’y a pas de quête de performance. C’est avant tout un moment qui doit être agréable pour le participant et l’animal. Le bien être étant l’objectif premier.

D’une manière générale, il s’agit de laisser l’animal et le participant aller à la rencontre l’un de l’autre. La découverte, la relaxation… par les jeux, les soins (brossage, nourrissage…), les activités physiques (promenade, agility…), sont autant de possibilités d’activités qu’il est possible de proposer.

Toute participation est volontaire. La rencontre se fait au rythme du participant qui ne sera jamais forcé de toucher ou d’approcher les animaux. 

 

Nous adhérons à la charte des bonnes pratiques présentée par Didier Vernay au congrès de l’IAHAIO de Stockholm en Juillet 2010, dotant la France d’un premier document de référence.

Médiation par la nature

La nature est souvent perçue comme un concept lointain alors que notre survie en dépend. Se révèle, dès lors, l’importance évidente de la préservation des milieux naturels. Dans un monde où l’homme a pris pour acquis que la nature n’est qu’une réserve de ressources inépuisables, il est important que les animaux et les plantes ne soient plus considérés comme tels.

En France, en 2017, les chiffres de l’INSEE indiquent que 80% de la population vit en zone urbaine. Les augmentations cumulées du nombre de personnes vivant dans les villes densément peuplées, du temps passé en milieu fermé et de la pollution de l’air, sont corrélés au nombre croissant des troubles psychologiques et des maladies.

Richard Louv, journaliste et écrivain américain, va jusqu’à dire que nous élevons une génération d’enfants qui souffrent d’un « trouble du déficit de la nature » qui se traduit par les symptômes suivants :

  • des sens sous-développés ;
  • un déficit de l’attention ;
  • un plus grand taux de maladies physiques et émotionnelles.

Comme le relève Egide Altenloh, psychologue clinicien écothérapeute, de nombreuses recherches internationales ont montré que l’exposition à la nature a des propriétés protectrices et réparatrices que ce soit par :

  • l’observation des milieux naturels ;
  • l’intégration d’éléments naturels dans les environnements intérieurs ;
  • l’immersion dans la nature (environnement extérieur vert/environnement à proximité de l’eau) ;
  • l’activation du système nerveux parasympathique (qui réduit le stress et l’éveil autonome) à la vue d’un environnement naturel à contrario d’un environnement artificiel.

Ces propriétés seraient dues à la biophilie, une prédisposition génétique de l’humain à chercher des liens avec la nature et avec d’autres formes de vie.

Pour que la nature améliore et répare les processus attentionnels, cognitifs et affectifs, l’environnement des actions de réparation impliquent:

  • d’être éloigné du décor quotidien pour créer une distance tangible par rapport à l’ordinaire ;
  • d’attirer involontairement l’attention, sans effort mental ni épuisement des ressources cognitives ;
  • d’offrir un panorama étendu ;
  • de correspondre aux sensibilités de la personne (attrait pour la montagne, la forêt, la mer, le désert…).
  • Cultiver son éveil des sens et sa sensibilité
  • Eveiller sa conscience de la nature ordinaire: prêter attention aux chants des oiseaux, savoir que les plantes ont des saveurs, des odeurs, sentir les effets des saisons, etc. 
  • Tisser un lien émotionnel fort à la nature
  • Laisser du temps pour la rêverie, le jeu libre et la créativité spontanée ;
  • Se confronter à un milieu non asceptisé, trouver sa juste place et prendre des risques mesurés ;
  • Repousser les limites individuelles quant aux capacités physiques, intellectuelles et sociales.
  • Faciliter l’émancipation et la découverte  de gestes et savoir faire en offrant des opportunités d’apprentissage expérientielles diverses (maniement d’outils…) 

Enfant ou adolescent :

  • sans besoin spécial apparent;
  • en situation de handicap mental, moteur, sensoriel et/ou psychique,
  • en situation de fragilité ou de dépendance ;
  • en difficulté d’apprentissage.
  • Stimule les sens (visuel, auditif, olfactif, toucher, goût) ;
  • Renforce le système immunitaire ;
  • Baisse la tension artérielle ;
  • Equilibre le système nerveux ;
  • Diminue le taux d’hormones du stress ;
  • Améliore la concentration, la créativité et la gestion des émotions.

Comme pour la médiation par l’animal, l’intervenant joue un rôle d’accompagnateur et de facilitateur en animant ces activités centrées sur la découverte de soi, la construction des savoir-être, des savoir-faire et des connaissances. L’accent est mis sur l’expérience directe et non sur la simple accumulation d’informations. Véritable passeur de nature il favorise une découverte active de la nature.

Les activités dans la nature, sont articulées autour de principes clés :

  • un lieu naturel inspirant : ressourçant, source d’émerveillement, riche de possibilités, aimé et protégé ;
  • des immersions longues, régulières, répétées : prendre le temps, nourrir sa résilience, tisser des liensquelque soit la météo ;
  • une flexibilité de l’offre : les besoins, les intérêts et les compétences du participant sont au coeur de la pratique ;
  • pas de recherche de performances : inciter le participant à se connecter et vivre au présent ses choix et ses expériences ;
  • le jeu libre une dimension fondamentale : laisser le temps à l’ennui, la créativité… même si des activités semi-dirigées sont aussi être proposées ;
  • une prise de risque mesurée : le participant choisit ses défis et l’intervenant me en place les mesures de mise en sécurités.
 
Exemples non exhaustifs : construction de cabanes, apprentissage du maniement d’outils (Opinel, scie…) , découverte de la flore sauvage (comestibles, encres naturelles…), découverte de la faune sauvage (les traces, les excréments…), jeux d’écrire avec la lumière, etc.
 

Nous adhérons à la charte du Réseau français de pédagogie par la nature.